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10/12/2004

La communauté musulmane, une communauté aux multiples fractures...

arton208.jpgL’incroyable essor du numérique fait que la communication ne cesse de prendre de multiples facettes. De la simple conversation physique entre deux personnes, on est passé à des conversations via différents canaux et supports de communication. Ces NTIC (Nouvelle Technologie de l’Information et de la Communication) sont d’une efficacité certaine pour celui ou celle qui n’ignore pas du moins l’existence de ces outils, et qui sait s’en servir.

De la fracture sociale à la fracture numérisée

Le développement technique est tel que nous vivons dans une nouvelle ère, celle qu’on baptise l’ « ère du numérique ». Elle suscite passion mais aussi méfiance. En effet, depuis quelque temps, un nouveau terme empli le discours politique et vient directement se greffer aux préoccupations sociales : « la fracture numérique ». « La fracture sociale », terme qu’on ne définit plus, a été et continu à être un des enjeux centraux de toutes campagnes électorales. Nous ressentons, un lien plus qu’étroit entre ces deux domaines : le social, et le numérique. Plus généralement, sur l’échelle international, la montée du numérique agrandit le fossé du développement économique et social entre le Nord et le Sud. Le mot fracture, d’ailleurs, n’est certainement pas innocent. Fracture, connote une rupture entre deux entités avec violence, avec effort. Selon, le Petit Robert, « Fracture Sociale » est « la séparation sociale et économique profonde entre les nantis et les exclus. ‘Tous à droite comme à gauche, ont dénoncé la fracture sociale, stigmatisé l’inégalité.’ Nouvel Obs 1995. »
Donc le risque de cette merveilleuse technologie, est qu’elle conforte voire amplifie la fracture sociale.

La discrimination fracture

Mais un autre phénomène continue à creuser ce fossé social entre les nantis et les exclus. C’est la discrimination « raciale » (bien que le concept de race est scientifiquement caduque !) qui s’inscrit, s’intègre au cœur de la discrimination sociale. L’affaire du voile à l’école et tous les débats et polémiques qui s’y sont rapportés, la discrimination à l’embauche, la montée des communautarismes, la dénonciation de certains qui craignent l’islamisation de la France, sont autant de notions et de faits qui font la une des journaux et qui s’emparent ainsi d’une frénésie médiatique. Une incompréhension des uns et des autres, alimenté par un malaise social latent et continu, est révélateur d’un racisme qui se voit justifier par des événements tragiques. Nous pensons naturellement à la fameuse date du 11 septembre 2001 et du 11 mars 2004. L’amalgame entre l’islam et le terrorisme, par les média mais aussi par les politiques, ne font que jeter de l’huile sur le feu sur une fracture sociale déjà bien fracturée. Une étude réalisé par le Pr J-F Amadieu confirme l’ampleur des discriminations à l’embauche, surtout à l’égard des personnes d’origine maghrébine, des handicapés et des quinquagénaires. Discrimination que l’on voit justifier par cette peur des citoyens français de la composante musulmane pourtant française elle aussi.

La ghéttoïsation par les cités

Ce jeu d’amalgame accroît cette fracture sociale par le chômage, et la précarité, et forcément les cités sont directement concernés. Il est intéressant de comprendre dans quel contexte les quartiers contenant les cités HLM ont été construits. Dans les années 50, l’arrivée des cités HLM a suscité beaucoup d’enthousiasme de la part des travailleurs immigrés, qui vivaient avec leur famille dans des bidonvilles. C’était la découverte, du chauffage collectif en hiver, de l’électricité… d’un certain confort jusque là inconnu dans les bidonvilles. Seulement, aujourd’hui, nous nous rendons compte de la limite de cette solution « HLM » . Si elle a permit d’augmenter un certains confort, elle a continué néanmoins à les marginaliser. Forcément, des gens issu d’un même pays, ou d’une même région se sont retrouvés dans un même endroit, « parqué dans des cités HLM ». Et qui connaissent les mêmes problèmes. Tous issu de la classe ouvrière, emploi précaire, peu payé pour un dur labeur.

L’ensemble de ces problèmes font que nous avons au départ une population, qui à la base, est fragilisée par son conditionnement et son histoire. Le repli sur soi, sur sa communauté est facilité par l’ensemble des difficulté sociales que sont l’ensemble des discriminations sociales et raciales.